Depuis que Crystale a passé les portes de l'autobus, la conversation s'est faite muette. Élie regarde par la fenêtre avec son habituel regard détaché alors que moi je ne sais plus trop quoi écouter sur mon iPod. Notre arrêt arrive enfin. Nous descendons et marchons encore quelques minutes. Le bloc appartement gris commence à se dresser au coin de la rue.
On monte jusqu'au quatrième étage et Élie me dépasse pour passer rapidement la porte.
- Papa!, cri-t-elle joyeusement en rentrant.
- Ma puce, dit mon père en la serrant dans ses bras. Ça va bien les filles?
- Bien sure, répondis-je tout simplement.
- Alors, qu'est-ce que vous voulez faire en fin de semaine?, nous demande papa.
- On pourrait aller faire un tour dans le parc donner du pain au canard qui sont sur le bord de l'eau, ensuite on revient ici pour diner et on passe l'après midi à jouer à risk pour conquérir le monde! Ensuite on va souper et on écoute un film. Ça plait à tout le monde pour aujourd'hui?, enchaine Élie.
Je n'ai jamais vu ma s½ur aussi enthousiaste. Ses yeux brillent et son sourire est éclatant. On est tous partant pour aller au parc. Là-bas, il y a un grand saule pleureur, je m'y assoie souvent pour relaxer. Le son du vent qui passe dans les branches me détend. Élie, elle, apporte toujours un petit quelque chose pour les canards, c'est comme une tradition chez mon père. On regarde les bateaux passer pas très loin et on lance des miettes de pain en riant des canards qui fond la course.
Là-bas, il n'y a pas de petits jeux pour les enfants, seulement des arbres, du gazon et des petits sentiers. Il y a une rampe pour nous empêcher de tomber à l'eau avec les canards. C'est un assez joli parc où l'on peut aller à pied.
En y allant, Élie gambade, rit et n'en fini pas de parler. Je l'ai rarement vu aussi joyeuse. Je crois bien qu'il n'y a qu'ici qu'elle sourit autant... Mon père jase avec nous, il s'est beaucoup ennuyé lui, ça se voit.
Une fois arrivés, je m'assois sous mon arbre et relaxe. Je sors mon carnet et me mets à écrire, c'est tellement inspirant ici. Je jette quelque coup d'½il à Élie et papa qui regardent les canards tout en discutant.
Moi, je repense à la soirée d'hier : Ce jeune homme, Lucas, il veut que l'on se revoie. Je souris à cette pensée puisque moi aussi je veux le revoir. Appuyée sur l'arbre, je m'assoupie. La disco a fini tard hier!
- Angel... Angel... me dis une voix qui semble lointaine. Mais réveilles-toi bon sang!
Je me sens secouée.
- Humm? Quoi?, dis-je, la vois encore endormie.
- Tu t'es endormie dans le parc, me dit mon père. Allez, c'est l'heure d'aller manger.
- Génial, je meurs de faim.
Je me redresse rapidement, peut-être un peu trop puisque j'ai la tête qui tourne. On se dirige vers la maison, riant un peu de moi. Combien d'heures j'ai dormis ainsi? Plusieurs, juste assez pour me donner mal au dos. Ce n'est pas si confortable que ça un arbre.
On arrive à la maison, on dine et maintenant je me fais battre au Risk par ma s½ur. Elle ri à chaque fois qu'elle brasse les dés. Je ne la savais pas aussi douée à ce jeu. Élie m'impressionne beaucoup de dois dire, elle n'en fini pas de parler. Tout d'un coup, elle a trouvé sa voix et elle en fait profiter tout le monde. L'après midi se passe très rapidement dans la gaité et Élie a bel et bien remporté la partie.
Je fais comme Crystale m'a dit de faire, j'observe Élie. Elle peut être plus qu'étonnante parfois.
On commence à écouter le film quand Janna entre dans la maison.
- Salut tout le monde, dit-elle avec un joli sourire accroché au visage.
- Salut Janna. Tu as passé une bonne journée?, m'informais-je lui rendant son sourire.
- Oui très bien, qu'est-ce que vous écouté?
- On allait écouter... C'est quoi le film que tu as choisi déjà?, demandais-je à l'adresse de ma petite s½ur.
- On allait écouter un film avec les vampires!
- Bon... Je crois bien que je vais vous laisser regarder ensemble, je n'aime pas les films de vampire. Bonne soirée, dit-elle tout en gardant son sourire et quittant la pièce pour aller lire un bon livre, emmitouflée sous les couvertures.
Je ne peux pas vraiment parlez du film puisque je me suis endormie. Endormie non pas parce qu'il était sans intérêt, endormie puisque je n'ai pas beaucoup dormis ces derniers temps.
Je sens qu'on soulève mon corps et qu'on le dépose sur un lit. C'est surement mon père qui veut que je dorme confortablement. Il me recouvre de la couette et dépose un doux baiser sur mon front. J'entends un « bonne nuit » murmuré que je réponds par un sourire avant de me tourner sur le côté. Je me rendors, c'est bien là seule chose qu'il me reste à faire à présent.
Les doux rayons de soleil me caressèrent la joue pour finir dans mes yeux et me réveiller. Avec un léger grognement, je m'étire et m'extrais du lit très lentement. C'est presqu'un supplice de sortir de mon petit nid chaud et douillet. Toujours aussi mollement, je sors de la chambre pour trouver mon père dans le salon.
- Des crêpes ce matin?, demande-t-il joyeusement.
- Oui, je t'aide à les faire!, dis-je avec beaucoup plus d'entrain que durant mon réveil.
On se dévisage d'un air de défi et on part à la course jusqu'à la cuisine. Aucune attention aux deux marmottes qui dorment encore, on fonce.
- Je suis arrivée en premier! C'est moi qui tourne les crêpes et c'est toi qui fait la vaisselle, lui dis-je avec amusement et en ponctuant le tout d'un tirage de langue. Rien ne vaut une belle grimace.
On prépare tous les ingrédients pour faire à déjeuner. Je casse les quatre ½ufs, mets les tasses de lait, ajoute la farine pendant qu'il brasse le tout. On rigole, se donne des petits coups, je regarde à peine ce que je fais, tellement que je mets trop de vanille. Nous nous amusons toujours, en mettons un peu partout aussi.
Je chauffe la plaque à crêpes, les faits tourner dans les airs. J'y ajoute quelques pépites de chocolat qui fondent avec la chaleur puis je plie la pâte en deux. C'est la recette secrète de mon père et moi. Chaque fois que l'on cuisine quelque chose, on y met notre petite touche personnelle.
- Humm! Ça sent bon ici, s'exclame Janna en entrant dans la cuisine suivis par ma s½ur encore endormie.
Je leur sers chacune une part et on discute autour de la table. Ça fait longtemps que je n'avais pas discuté, j'ai plutôt l'habitude de crier. Élie et papa discute du film tandis que Janna et moi parlons plus de ce que l'on prévoit faire pour les vacances de noël. Si on peut déterminer comment ça va se dérouler tout de suite, on évitera certainement une autre crise de la part de ma mère.
Après ce bon petit déjeuner, Élie aide notre père avec la vaisselle, c'est plutôt étonnant puisqu'à la maison je dois lui répéter plusieurs fois avant qu'elle ne le fasse. Cependant, je ne me plais pas qu'elle prenne des initiatives au moins ici.
Pendant que ma s½ur lave un peu, que mon père range et que Janna travaille à l'ordi, je réfléchis à ce que l'on pourrait bien faire aujourd'hui. Un peu de popote ne ferait pas de tord; il n'y a aucun dessert ici, juste les ingrédients pour les faire.
- Et si on cuisinait un peu aujourd'hui?, demandais-je à l'adresse de mon père qui vient de finir de ranger la vaisselle propre.
- Oui, c'est une idée, affirma-t-il. Mais je ne tiens pas à rester encabané toute la journée.
- On ira courir un peu, ou faire du vélo, suggérais-je.
- Ce n'est pas une mauvaise idée!
Je sors le grand livre de recettes. Les pages sont pleines de taches de farine, de graisse, de chocolat... On s'en sert souvent et un accident est si vite arrivé! Je feuillette les diverses pages où les illustrations nous mettent l'eau à la bouche. Il est difficile de résister à la tentation de ces petits plats sucrés. Je finis par trouver quelques recettes faciles à faire et très attrayantes, sors tous les ingrédients nécessaires et c'est maintenant que la partie de plaisir commence!
On prend les différents moules à biscuit et on crée des dinosaures, de petit bonhomme en pain d'épice, des tortues, des châteaux... On les décore chacun à notre façon. Tout le monde s'y met! Ensuite c'est le tour du gâteau triple chocolat qu'on habille de différente couleur.
On fini l'avant-midi plein de farine de la tête au pied et du colorant alimentaire jusque derrière les oreilles. Après avoir bien léché tous les plats, on range de nouveau. Je ne m'étais jamais autant éclatée depuis ces dernières années.
- Une chance que l'on a prévu d'aller bouger cet après-midi, fait mon père. Sinon on va devenir obèse avec tous ce que l'on vient de manger!
Il est vrai qu'on en a mangé beaucoup, mais rien ne vaux le plaisir qu'on a eu ce matin par contre!
On fini par sortir de la maison pour regagner nos vélos. C'est sûrement la dernière fois de l'année que l'on va en faire puisque les feuilles sont très bien rougies. On enfourche nos bicyclettes et on s'élance vers la piste cyclable. Je respire un bon coup l'air qui s'est rafraichit depuis quelques semaines. Ça fait du bien de sortir de chez soi.
On tourne quelque rue et ça y est, c'est de nouveau la course.
- Le premier arrivé à l'arbre!, crie ma s½ur enjouée.
Élie pédale vite pour dépasser mon père, mais j'ai encore quelques mètres d'avance sur les autres. Bien penché sur nos vélos, on fonce jusqu'à l'arbre désigné quelques secondes plus tôt. J'arrive enfin la première. Je débarque de mon vélo et saute de joie tout partout, comme si j'aurais gagné la coupe du monde dans cette discipline aux olympiques. Janna, qui reste en retrait derrière nous, souri à mon attitude si enfantine.
On passe ainsi l'après-midi à rire à s'en éclater les poumons, mais toute bonne chose a une fin. On retourne à la maison, vide d'énergie. Je refais mon sac, donne un bisou sur les deux joues de mon père ainsi que sur celle de Janna. Élie fait de même avant que l'on passe la porte pour aller à l'arrêt de bus. Lorsque celui-ci arrive, on s'y assoit et on passe le reste du trajet à ne rien dire. C'est étrange qu'après avoir passé une si belle fin de semaine on ne dise plus rien...
Tant qu'à moi, j'ai tout noté ce qui s'est passé. J'ai hâte d'arriver pour en faire part à Crystale et pour lui demander ce qu'elle en pense.
***
Ça fait du bien de quitter la maison de ma mère. Cette fin de semaine m'a beaucoup détendue. Pour une fois, je n'ai pas eu besoins de penser à ce qui m'arrivait à l'école. Cependant, de revenir dans ce côté de ville me rappelle que demain j'ai encore de l'école...Mais je préfère ne pas y penser pour le moment.
Angel a été vraiment gentille, ce n'est pas son habitude. Normalement elle m'aurait boudé d'avoir été à la disco avec elle. Elle m'en aurait voulu très longtemps mais pas cette fois-ci. Je ne m'en plain pas, au contraire, je trouve que ça fait du bien.
Je regarde de l'autre côté de la fenêtre. Le ciel commence graduellement à s'assombrir et il n'est que 5h. Les feuilles roussies, une odeur de terre morte... On sent très bien que l'automne est là.
Angel a l'air préoccupée à côté de moi. Moi aussi d'ailleurs. Je repense encore à cette Anaëlle. Sera-t-elle là demain? La reverrais-je un jour? Je me demande toujours ce qu'elle voulait dire par « ma tête sait » j'espère être assez intelligente pour le comprendre par moi-même. Mais quand je vois les rues défiler devant moi je doute de plus en plus. Ces routes que l'on empruntait avec ma mère, où elle rappelait les exploits d'Angel et mes défauts.
Je vois de plus en plus notre arrêt arriver. On y descend et quelques minutes nous voilà devant notre maison. Ma grande s½ur se dirige vers l'entré sans m'attendre. Elle doit être pressée de rentrer pour monopoliser l'ordinateur ou elle a un devoir à faire au plus vite. Juste avant de passer la porte elle se retourne vers moi. Elle a sûrement oublié ses clés...
- Tu viens Élie?
Quoi? Elle me parle gentiment. Elle est certainement tombée sur la tête en faisant du vélo elle! Ou alors elle a tout simplement un service à me demander.
J'hoche rapidement la tête et vais la rejoindre. Je ferme la porte derrière moi et la suis dans l'entré. J'y accroche ma veste et me dirige vers ma chambre. Angel ne tardera pas à venir me parler pour que bouge d'ici. J'attends, une minute. Deux minutes. Trois minutes... Je soirs de ma chambre.
- Angel?
- Oui?
Je la vois préparer des pâtes. Elle ne m'a pas encore chialé dessus ni demander de service... Elle est vraiment tombée sur la tête!
Elle me regarde, attendant toujours ma question. Je me secoue la tête essayant de me remettre les idées en place.
- Ce n'est pas grand-chose pour souper, mais c'est mieux que rien, affirma-t-elle avant que je n'ai ajouté quoi que ce soit d'autre.
Je retourne à ma chambre et écoute ma musique en attendant qu'Angel dise que c'est près pour que j'aille me servir. Je trouve étonnant les réactions de ma s½ur, mais mon sujet premier dans ma tête est celui d'Anaëlle.
***
Je fini de faire à manger et saute directement sur le téléphone. Parler à Crystale est la chose la plus important pour le moment. Je compose le numéro et me dirige comme toujours vers ma chambre. Je m'installe confortablement à plat ventre sur mon lit vert pomme et attends qu'elle décroche.
Après quelques sonneries, elle répond de sa douce voix.
- Oui allo?
- Salut Crystale, c'est Angel. Ça va?, lui demandais-je, tout naturellement.
- Oui ça va! Et toi?, répondit mon hystérique de meilleure amie.
- Toujours, j'ai quelque... commençais-je avant qu'elle ne me coupe la parole.
- Tu ne sais pas quoi? Tu sais David, le gars de la disco? Eh bien il m'a appelée hier et on a passé la journée ensemble aujourd'hui. C'était vraiment bien! Et toi avec... comment il s'appelait le gars avec qui tu as dansé?
- Lucas... soupirais-je en me disant que je ne pourrai pas lui parler d'Élie avant qu'elle ait entendu parler de ce qu'elle voulait avant.
- Oui, Lucas... dit-elle, songeuse. Alors? Comment ça s'était passé?
- On a dansé, on a échangé nos numéros de téléphone et il a fallut partir, dis-je avec beaucoup de détachement.
- Il était beau lui aussi, mais rien n'est mieux que David.
- Si tu le dis...
- Tu m'avais appelée pour quoi?, demanda-t-elle, revenant soudain sur terre.
- J'ai passé la fin de semaine chez mon père et tu ne devineras jamais les réactions d'Élie.
- Donc tu as suivis mon truc?
- Oui, disons que je suis assez étonnée des résultats que ça a donnés.
- Raconte tout!, s'empresse-t-elle.
Je l'informe donc de tout ce qui s'est passé. Le fait qu'Élie parle plus chez mon père alors qu'elle est presque muette chez ma mère, le fait qu'elle ne s'obstine pas pour les tâches là-bas tandis qu'ici c'est un vrai calvaire. Je vais même jusqu'à lui raconter dans les moindres détails notre partie de Risk, notre matinée à décorer des biscuits jusqu'à notre course à vélo.
Crystale semble assez étonnée de tout ce que je lui raconte. Elle aussi ne devait pas se douter que ma petite s½ur pouvait se comporter ainsi. On émet quelques hypothèses mais rien ne se confirme.
- Et tu dis qu'une fois revenue à la maison chez votre mère elle recommencer à redevenir comme avant?, dis Crystale.
- Exactement, confirmais-je. Je me demande comment on pourrait faire pour savoir ce qu'elle pense réellement...
Un silence s'installe des deux cotés du téléphone. Nous pensons chacune à une idée pour savoir ce que pense ma s½ur. Et puis soudain, je crois avoir trouvé la solution, la seule qui ne me trompera jamais.
- J'ai trouvé!, m'exclamais-je brusquement, sortant Crystale de ses pensées.
- Quoi?
- Je n'ai qu'à lire son journal intime.
- Ce n'est pas bête... affirma mon amie.
- Non, c'est même brillant! Ce sera comme être dans sa tête. Je vais enfin pouvoir savoir ce à quoi elle pense.
Je sais très bien qu'Élie écrit dans son journal à tous les jours et je ne crois pas qu'elle soit assez folle pour écrire des choses qu'elle ne pense pas dans son livre intime.
Après avoir papoté encore un peu avec Crystale, je me lève de mon lit pour me dégourdir les jambes. Je fais les cents pas dans ma chambre pour réfléchir à la meilleure façon de lire son journal. Ma petite s½ur passe ses journée dans sa chambre alors comment faire pour le lui voler?
J'entame le ménage de ma chambre tout en pensant à diverse façon de parvenir à mes fins. Je replace bien droits les paquets de feuilles qui trainaient sur mon bureau en imitation de bois, je ramasse les pile de vêtements qui faisaient des petits tas un peu partout sur mon plancher en bois flottant pour les mettre au lavage. Je place ma couverte verte sur mon lit, ajuste quelques coussins bruns foncés et contemple ma chambre presqu'en ordre.
Les murs crème dont l'un est encadré d'une grande bibliothèque poussiéreuse encore en bois sont l'idée de ma mère. En fait, toute la décoration de ma chambre, qui est tout de même grande, est une idée de ma mère. Les mélangent de crème, de brun et de vert pomme sortent tout droit de sa tête. C'est bien une des seules choses que je lui dois, la superbe décoration de ma chambre.
M'accoudant maintenant sur mon bureau, je pense encore et toujours à Élie. C'est fou comment elle occupe plus mes pensées qu'avant. Disons tout simplement que ce n'est plus la petite fille avec qui je jouais aux Barbies. Elle était souriante cette s½ur-là... mais quelque chose a changé et elle est devenue plus solitaire.
Je continu comme ça jusqu'à ce que mes paupières commencent à vouloir se fermer. Je me change et m'installe confortablement sous les couvertures. J'ai toujours des idées tourbillonnantes dans ma tête, mais ce sera pour une prochaine fois. Je finis par m'endormir très vite mais non sans questions.
Pourquoi? Pourquoi ma s½ur est si renfermée? Surement pour occuper les moments où je n'ai rien de mieux à faire que de me poser des questions sur elle.
Je ne sais pas ce que je pense de ce chapitre...
Dit ce que vous en pensez!!
J'ai vraiment besoins de vous!